Les Mooseheads: les Knights de la LHJMQ

La réputation des Knights de London n’est plus à faire.

L’organisation de la Ligue Junior de l’Ontario est un exemple de réussite au Canada lorsqu’il s’agit de succès sur la patinoire et de développement. Depuis le tournant des années 2000, les Knights sont, ni plus ni moins, la formation par excellence au pays.

Gagnant de la Coupe Memorial en 2005 et en 2016, ils ont aussi participé au tournoi en 2012-2013 et 2015.

Cette saison, Dale Hunter et l’état-major de la formation ontarienne ont évalué qu’ils n’avaient pas les effectifs nécessaires pour se rendre jusqu’au bout. Ils ont pris la décision de vendre les excellents, Cliff Pu, Robert Thomas, Max Jones et Sam Miletic aux autres formations de la ligue. En retour, London a voulu acquérir de jeunes joueurs pour rajeunir la formation et aller chercher des choix au repêchage pour construire le futur.

L’objectif était d’aller chercher des actifs importants en vue des prochaines saisons. C’est une situation ironique considérant que les Knights ont terminé la saison 2017-18 avec une fiche de 39 victoires, 25 défaites et 4 défaites en surtemps, bon pour le 7e rang total de la OHL. Qui sait où ils en seraient avec tous les joueurs transigés au cours de l’année?

C’est dans ce genre de situation qu’on constate que les attentes de l’organisation sont très élevées et qu’on n’accepte rien de moins que l’excellence au sein de l’équipe.

Gagner, c’est une chose. Cependant, le mandat principal des Knights de London, et de toutes les formations juniors au pays, est de développer les jeunes hockeyeurs. Que ce soit dans le but d’en faire des joueurs de hockey professionnels ou, comme c’est le cas pour la grande majorité des joueurs jouent dans l’une des trois ligues junior du Canada, des jeunes citoyens de demain.

Encore une fois, les Knights dominent dans cette facette. L’organisation des frères Hunter est une véritable mine d’or en frais de talent pour la LNH. Généralement, les joueurs provenant de la formation ne font pas que jouer dans le «show», ils deviennent des joueurs dominants pour leurs équipes respectives.

Bien que les Knights aient produits des joueurs importants comme Darryl Sittler et Brendan Shanahan dans les années 70 et 80, c’est depuis que les Hunter ont pris le contrôle de l’organisation en 2001-2002 que le visage de l’équipe a réellement changé.

Des joueurs comme Rick Nash, Marc Methot, Corey Perry, Sam Gagner, Patrick Kane, Nazem Kadri, John Tavares (24 matchs en saison régulière et les séries), Olli Maata, Nikita Zadorov, Max Domi, Bo Horvat, Mitch Marner, Matthew Tkachuk ont tous porté les couleurs de la formation de l’Ontario. Chacun des joueurs nommés plus tôt jouent sur le top 4 défensif ou le top 6 à l’attaque. Certains ne sont rien de moins que des joueurs concessions.

Et la liste aurait pu être encore beaucoup plus longue si j’avais inclus les joueurs avec un impact moins significatif, comme Victor Mete ou Josh Anderson par exemple.

Pourquoi une si longue prémisse sur les Knights de London? Parce que, présentement, une équipe de la LHJMQ est en train d’imiter le modèle d’affaire des Knights au niveau des performances sur la glace et de la qualité des joueurs qu’elle développe. Cette formation s’établit comme une référence auprès de ses consœurs du Québec et des Maritimes. J’ai nommé les Mooseheads d’Halifax.

Les ressemblances entre les deux équipes sont nombreuses. Tout commence à la tête de celles-ci. Ils ont des propriétaires bien en selle qui n’ont pas peur d’injecter des fonds dans l’organisation.

Bobby Smith, l’ancien centre du Canadien de Montréal, est le président et propriétaire majoritaire des Mooseheads depuis 2003. Son entrée en fonction coïncide d’ailleurs avec la première présence à la finale de la Coupe des Présidents de l’équipe. Les Mooseheads participeront aussi à la finale en 2005, vaincu par l’Océanic et leur jeune surdoué originaire de la Nouvelle-Écosse. Un certain Sidney Crosby. Ce nom vous dit peut-être quelque chose.

Bref, Smith est un propriétaire qui, à l’instar des frères Hunter, gère son organisation junior comme une équipe professionnelle. Il ne tourne pas les coins ronds, n’hésite pas à sortir les billets verts et a les poches bien profondes. C’est là toute la différence.

Malgré quelques succès ici et là, c’est au début des années 2010 qu’un tournant significatif s’opère à Halifax, tant au niveau résultat qu’au niveau développement. Le point culminant est évidemment la victoire de la Coupe Memorial en 2013. Mené par l’entraîneur Dominic Ducharme, les Mooseheads pulvérisent Portland par la marque de 6 à 4 pour mettre la main sur le prestigieux trophée.

Avant 2013, très peu de joueurs ayant évolué pour Halifax avaient atteint la LNH et ils étaient encore moins nombreux à avoir eu un impact important sur une organisation du circuit Bettman. Du nombre, on note les noms de J-S Giguère (1995), Alex Tanguay (1998) et Jakub Voracek (2007).

Maintenant, l’équipe des Maritimes n’a plus rien à envier aux Knights en frais de développement de joueurs élites de la LNH. Depuis 2013, ils sont premiers de classe à ce niveau. Nathan Mackinnon (1er au total en 2013), Jonathan Drouin (3e au total en 2013), Nikolaj Ehlers (9e au total en 2014), Timo Meier (9e au total en 2015) et Nico Hischier (1er au total en 2017) figurent tous comme des joueurs ayant un impact important sur leur organisation professionnelle. Ils sont tous des produits du développement des Mooseheads.

Pour 2018, Filip Zadina (Top 5) et Benoît-Olivier Groulx (Top 30) devraient tous deux entendre leurs noms sortir en 1ière ronde du repêchage de la LNH. On s’attend à les voir connaître des carrières florissantes au niveau supérieur.

Les Mooseheads sont à la LHJMQ ce que représentent les Knights à la OHL? Sans aucun doute.

Un texte de Marc-Antoine Bélair

Crédit photo: thestarphoenix.com

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